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RadVox, c'est une voix résolument engagée dans la contribution au débat public, mais c'est aussi un espace de découverte et d'échange, sur lequel je vous fais part de mes coups de coeur, de mes coups de gueule, de mes coups de bourre, du sort, de foudre ...
RadVox, c'est enfin l'interface d'expression de la pensée, de la parole et des actes d'une personnalité libre qui, un certain soir électoral de premier tour législatif, a décidé qu'il en avait marre d'être toujours bien élevé et d'éviter de dire des gros mots en politique, et que Thucydide avait raison de penser que les vents empêchent les lacs de pourrir ... dans un esprit résolument machiavélien des 'tumulti' ...
Parce que la mondialisation n'est pas une idée, mais bel et bien un fait de civilisation. Et aussi parce que ce ne sont ni le XXème ni le XXIème siècles qui ont vu émerger la mondialisation. En effet, si elle a certes évolué à une vitesse exponentielle au crépuscule du dernier millénaire et continue de le faire à l'aube de celui-ci, la mondialisation est apparue le jour ou, pour la première fois, un être humain, ou le groupe auquel il appartient, sa tribu, découvre l'existence d'un autre homme, d'une autre tribu. Cela date donc d'une période (à peu) pré(-)historique.
Car, en fin de compte, qu'est-ce que la mondialisation ?
Lorsque vous découvrez l'existence d'un Autre, qui coexiste dans votre espace, vous avez le choix entre deux options : faire l'amour ou faire la guerre. Commercer ou conquérir. Vous vous engagez dans une ouverture ou vous vous repliez sur votre sentiment de défiance. Vous êtes séduit (honnêtement ou avec jalousie) ou vous êtes effrayé. Et si vous êtes indifférent, c'est un autre problème, qui vous regarde et qui ne regarde pas cet Autre.
Cette ouverture aux autres a bien évidemment évolué avec les temps, mais je la crois profondément ancrée à cette définition, qui est la mienne et que l'on peut formuler comme on l'entend, comme on la ressent.
Quant à son évolution exponentielle, sans doute peut-on l'expliquer par la disparition des 'terra incognita', puisque les fonds océaniques et l'espace, dont il nous reste tout à explorer, ne sont pas des terres, à proprement parler.
Pour savoir ou l'on va, il faut savoir d'où l'on vient, j'en suis convaincu. Le chemin devant nous est engendré par le chemin parcouru. Il faut considérer tout à la fois notre évolution dans notre propre existence, mais aussi par rapport à nos origines, à nos racines, à notre mémoire familiale. Parce mes racines me situent, entre autres, en Aquitaine, en Italie, outre-Manche, au Maroc ou encore en Egypte, parce que mes liens avec la Turquie, le Québec, le Liban, la Hongrie, l'Argentine et la Mongolie sont forts, parce que je suis résolument libéral et fédéraliste (dans un pays ou ces deux métasystèmes sont frappés d'excommunication populiste) et parce que j'ai appris à découvrir les autres à travers mes quelques voyages ici ou là, leur culture, ce qui nous distingue et ce qui nous rassemble, leur richesse comme leur pauvreté, leur coeur et leur esprit, je me sens avant tout un homme et un citoyen du monde (libre à vous de voir ou non un rapport entre les deux), c'est-à-dire un enfant de la Terre, puis un Européen de nationalité française, mais avant tout je me sens, au niveau de chacun de mes atomes, c'est-à-dire au niveau de l'individu (qui, selon la pensée libérale qui est la mienne, prime sur la collectivité), Stéphane-Emmanuel RAYNAUD de FITTE, et je demeure un homme libre.
Chacun fait de la portée de son regard la limite du monde. Quant à moi, mon objectif est de m'efforcer chaque jour à voir encore un peu plus loin. Si ça m'évite d'être sectaire, m'ouvrant davantage chaque jour à la différence et à la diversité, ça ne m'aide pas, en revanche, à supporter plus facilement l'étroitesse d'esprit que l'on croise parfois au détour d'une conversation, d'une lecture sur la Toile ou ailleurs, d'un discours politique ou d'un repas de famille ! Et cette étroitesse se trouve parfois chez nos propres amis, mais comme dit ce proverbe turc : "A vouloir un ami sans défaut, on se retrouve sans plus d'amis". N'est-ce pas là une belle illustration de la tolérance et de l'ouverture à l'Autre !?
Je ne connais nulle frontière qui ne soit d'abord mentale, et l'étroitesse d'esprit, c'est bien connu, est universelle, c'est-à-dire elle-même sans limites !
Alors, non, vraiment, la mondialisation, ce n'est pas un diable sorti de sa boîte qui devrait nous effrayer, contrairement à ce que l'on peut prétendre ici ou là, notamment à l'extrême-gauche et à la gauche extrême. Penser cela, c'est simplement démontrer que l'on a peur de ce que l'on ne connait pas, qu'on a une réaction de défiance, parfois hargneuse, et qu'on préfère la guerre à l'amour ...
Quant à moi, zen la mondialisation !