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S.-E. RAYNAUD de FITTE (RadVox)

S.-E. RAYNAUD de FITTE (RadVox)RadVox, c'est une voix résolument engagée dans la contribution au débat public, mais c'est aussi un espace de découverte et d'échange, sur lequel je vous fais part de mes coups de coeur, de mes coups de gueule, de mes coups de bourre, du sort, de foudre ... RadVox, c'est enfin l'interface d'expression de la pensée, de la parole et des actes d'une personnalité libre qui, un certain soir électoral de premier tour législatif, a décidé qu'il en avait marre d'être toujours bien élevé et d'éviter de dire des gros mots en politique, et que Thucydide avait raison de penser que les vents empêchent les lacs de pourrir ... dans un esprit résolument machiavélien des 'tumulti' ...

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A MIGHTY HEART ...

Par S.-E. RAYNAUD de FITTE (RadVox) :: dimanche 16 septembre 2007 à 21:45 :: Le Mag

L'histoire de Daniel PEARL, journaliste américain enlevé au Pakistan peu après le 11 septembre 2001 ... Le livre est écrit par sa femme, Marianne, dont le rôle est porté par l'écran et interprété par Angelina Jolie.

Actuellement en librairie et sur les écrans !

couverture du livre de Marianne Pearl

 

Site officiel du film : http://www.uncoeurinvaincu.fr/

 

 

V ... for Vendetta

Par S.-E. RAYNAUD de FITTE (RadVox) :: mercredi 12 septembre 2007 à 00:49 :: Le Mag

Un film qu'on m'a chaudement recommandé et que j'ai réussi à dénicher (en VO) il y a peu de temps : V for Vendetta

http://wwws.warnerbros.fr/vforvendetta/

  

 

A voir. Vraiment intéressant ! (merci à Nat' de m'avoir fait découvrir ce film)

 

Quelques films à voir ou à revoir ...

Par S.-E. RAYNAUD de FITTE (RadVox) :: lundi 03 septembre 2007 à 20:57 :: Le Mag

Ouvrons un mag'

Par S.-E. RAYNAUD de FITTE (RadVox) :: lundi 03 septembre 2007 à 19:10 :: Le Mag

Je me suis dit que j'avais envie de vous faire partager aussi certaines lectures, mais aussi des films, des albums, des sites et des blogs, des destinations et d'autres choses encore ... Ainsi ai-je décidé d'ouvrir un mag' (-asin ou -azine, comme vous l'entendez) de recommandations culturelles diverses et variées.

Pour inaugurer cette catégorie de billets, je vous propose de découvrir un bouquin que je trimbale souvent à mes côtés : "Pour tout l'or des mots - au bonheur des mots et des merveilles", de Claude Gagnière, publié dans la collection 'Bouquins' chez Robert Laffont. Je l'avais déniché, au hasard de mes tribulations, chez la librairie Magne à Rouen (rue de l'Hôpital, pour mes co-indigènes locaux). Si vous souhaitez le commander en librairie, le copyright date de 1996 et son n° ISBN est le 2-221-08255-9, ce qui ne peut que vous aider à le trouver. Il se présente un peu comme un dictionnaire de variétés des mots, allant d'aphorismes en épitaphes et de graffitis en paradoxes, de proverbes en sottises et de palindromes en surnoms, de devises en pangrammes et de contrepèteries en holorimes, tout en évoquant la vie et l'oeuvre de quelques noms tels que Guitry, Allais, Courteline, Blanche ... c'est un ouvrage délicieux, quelque peu vieillot dans son style, mais ça lui donne un charme fou !

Je ne résiste pas à l'envie de vous en faire profiter (pas trop non plus, car la découverte personnelle augmente évidement un plaisir dont je ne voudrais pas vous priver, et il est bon de laisser planer une légère ombre de mystère sur les secrets les plus beaux ... car on a le sentiment de surprendre quelques secrets d'alcôve à la lecture (forcément décousue) de ce livre) :

à partir de la page 571 - Parmi les citations sur le Mariage :

De nos jours, le plus grand problème du mariage est la difficulté de subvenir avec un seul salaire aux besoins de sa femme et à ceux de l'Etat (Mark Twain)

Le mariage est une cérémonie ou un anneau est passé au doigt de l'épouse et un autre au nez de l'époux (Herbert Spencer)

Le mariage est comme au restaurant : à peine est-on servi qu'on regarde ce qu'il y a dans l'assiette du voisin (Sacha Guitry)

Quand un homme et une femme sont mariés, ils ne font plus qu'un. La première difficulté est de décider lequel (George Bernard Shaw)

Quand une femme se remarie, c'est qu'elle détestait son premier mari. Quand un homme se remarie, c'est qu'il adorait sa première femme (Oscar Wilde)

...

à partir de la page 409, le chapitre sur les épitaphes :

(...) Paul LEAUTAUD, qui signait ses terribles critiques théâtrales du pseudonyme de Maurice Boissard, (...) ne put s'empêcher de grincer encore une fois ... la dernière :

Ci-gît Paul Léautaud / Plus connu : Maurice Boissard / Quand on l'enterra : "C'est bien tôt !" / Dirent quelques-uns, mais à part, / Beaucoup pensèrent : "C'est bien tard !"

Voici une épitaphe proposée pour Richelieu :

Ci-gît un fameux cardinal / Qui fit plus de mal que de bien / Le bien qu'il fit, il le fit mal / Le mal qu'il fit, il le fit bien.

Jacques de Lorens fit composer, pour son épouse acariâtre :

Ci-gît ma femme : Oh ! qu'elle est bien, / Pour son repos et pour le mien !

Au cimetière de Key West, aux Etats-Unis, on a volé une pierre tombale qui portait cette simple phrase dédiée par une veuve à son mari volage :

Harry, je sais maintenant où tu dors ce soir !

ou encore deux perles en la matière, le premier distique proposé pour la Marquise de Pompadour, le second pour Robespierre :

Ci-gît qui fut vingt ans pucelle, quinze ans catin et sept maquerelle

Passant, ne pleure pas ma mort / Si je vivais, tu serais mort !

Pgae 616, il est question de clore le chapitre intitulé Le Mot et la Chose, avec un amusant poème de l'Abbé de Latteignant (1697-1779) :

Madame, quel est votre mot / Et sur le mot, et sur la chose ? / On vous a dit souvent le mot / On vous a fait souvent la chose / Ainsi, de la chose et du mot / Pouvez-vous dire quelque-chose / Et je gagerai que le mot / Vous plaît beaucoup moins que la chose !

Pour moi, voici mon mot / Et sur le mot, et sur la chose : / J'avouerai que j'aime le mot, / J'avouerai que j'aime la chose / Mais c'est la chose avec le mot / Et c'est le mot avec la chose / Autrement, la chose et le mot / A mes yeux seraient peu de chose.

Je crois même, en faveur du mot, / Pouvoir ajouter quelque-chose / Une chose qui donne au mot / Tout l'avantage sur la chose : / C'est qu'on peut encor dire le mot / Alors qu'on ne peut plus la chose / Et, si peu que vaille le mot, / Enfin, c'est toujours quelque-chose !

De là, je conclus que le mot / Doit être mis avant la chose, / Que l'on doit n'ajouter un mot / Qu'autant que l'on peut quelque-chose / Et que, pour le temps où le mot / Viendra seul, hélas, sans la chose, / Il faut se réserver le mot / Pour se consoler de la chose !

Pour vous, je crois qu'avec le mot, / Vous voyez toujours autre-chose : / Vous dites si gaiement le mot, / Vous méritez si bien la chose, / Que, pour vous, la chose et le mot / Doivent être la même chose ... / Et vous n'avez pas dit le mot / Qu'on est déjà prêt pour la chose.

Mais quand je vous dis que le mot / Vaut pour moi bien plus que la chose, / Vous devez me croire, à ce mot, / Bien peu connaisseur en la chose ! / Eh bien, voici mon dernier mot, / Et sur le mot, et sur la chose : / Madame, passez-moi le mot ... / Et je vous passerai la chose !

Page 478 s'ouvre le chapitre sur la France et les Français ... :

Les Français sont satisfaits à peu de frais, un peu de familiarité dans les manières leur semble de l'égalité (Alfred de Vigny)

En France, le premier jour est pour l'engouement, le second pour la critique et le troisième pour l'indifférence (Jean-François de la Harpe)

Il n'y a rien de mieux que ce que les Français font de bien et rien de pis que ce qu'ils font mal (Benoît XIV)

L'Europe ne peut être tranquille tant que la France n'est pas contente (Victor Hugo) - un grand visionnaire, décidemment, car cela reste de la plus brillante actualité !

Le désir du privilège et le goût de l'égalité, passions dominantes et contradictoires des Français de toute époque (Charles de Gaulle)

C'est embêtant, dit Dieu, quand il n'y aura plus ces Français ; il y a des choses que Je fais, il n'y aura plus personne pour les comprendre (Charles Péguy)

Les Français adorent les révolutions, mais ils ont horreur du changement (Anatole de Lamonzie)

Un Français est un Italien de mauvaise humeur (Jean Cocteau)

... 

Enfin, pour finir et ne pas trop en dévoiler, quelques extraits du chapitre sur 'le mot de la fin' :

Sur le point de mourir, quelques derniers mots prononcés par (entre autres) ...

Watteau, en 1721, âgé de 37 ans : "Ôtez-moi ce crucifix ! Comment un artiste a-t-il pu rendre aussi mal les traits de Dieu !?"

Mounet-Sully, en 1916, âgé de 35 ans : "Mourir, c'est difficile quand il n'y a pas de public !"

Kafka, en 1924, âgé de 41 ans, à qui le médecin disait : "Ne craignez rien, je ne m'en vais pas !", répondit : "Moi, si ! Je m'en vais !" et rendit l'âme.

Goethe, en 1832, à l'âge de 83 ans : "Mehr Licht !" (plus de lumière !)

Voltaire, en 1778, âgé de 84 ans : "Je m'arrêterais de mourir s'il me venait un bon mot ou une bonne idée !"

Jean-Marie Villiers de l'Isle-Adam, en 1889, à 51 ans, mourant à l'hôpital dans le plus grand dénuement : "Eh bien ! Je m'en souviendrai, de cette planète !"

Clémenceau, en 1929, à 88 ans, dit à son médecin : "Pour mon enterrement, je veux le strict nécessaire, n'est-ce pas ?" Le médecin lui demanda : "Qu'entendez-vous par le strict nécessaire ?" Alors, Clémenceau, superbe : "Moi !"

Oscar Wilde, en 1900, à 44 ans : peu de temps avant de mourir, il avait consulté la note d'honoraires de son médecin, et avait raillé : "Je meurs vraiment au-dessus de mes moyens !"

Marie-Antoinette de France, en 1793, à 38 ans, comme elle avait marché sur le pied de son bourreau en montant sur l'échafaud, lui dit cette phrase superbe de sens : "Pardon, Monsieur, je ne l'ai pas fait exprès"

Allez, je vous en rajoute un peu, extrait du chapitre 'Esprit', à la page 430 :

La scène se passe sous la Révolution, le 15 ventôse an II, une période où l'on guillotinait vite ... et beaucoup. On avait arrêté un jeune journaliste de dix-sept ans, Alphone Martainville, qui se présenta devant ses juges avec l'insouciance de son âge.

- Approche, Alphonse de Martainville.

Etonné que le président lui eût attribué une particule, il répliqua :

- Citoyen ! Je suis venu ici pour être raccourci, non pour être rallongé !

La présence d'esprit du prévenu fit rire l'assistance. Quelqu'un cria : "Alors, qu'on l'élargisse !" Les rires redoublèrent. Le tribunal, mis de joyeuse humeur, acquitta Martainville.

Voilà pour la découverte de cet ouvrage que je vous recommande ab-so-lu-ment !