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S.-E. RAYNAUD de FITTE (RadVox)

S.-E. RAYNAUD de FITTE (RadVox)RadVox, c'est une voix résolument engagée dans la contribution au débat public, mais c'est aussi un espace de découverte et d'échange, sur lequel je vous fais part de mes coups de coeur, de mes coups de gueule, de mes coups de bourre, du sort, de foudre ... RadVox, c'est enfin l'interface d'expression de la pensée, de la parole et des actes d'une personnalité libre qui, un certain soir électoral de premier tour législatif, a décidé qu'il en avait marre d'être toujours bien élevé et d'éviter de dire des gros mots en politique, et que Thucydide avait raison de penser que les vents empêchent les lacs de pourrir ... dans un esprit résolument machiavélien des 'tumulti' ...

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Idéal & Réalité (épisode 1) : Turquie, toute une Histoire !

Par S.-E. RAYNAUD de FITTE (RadVox) :: lundi 29 octobre 2007 à 23:02 :: Europe

Pour ouvrir cette série de billets sur l'Idéal et la Réalité, je vous invite à découvrir deux articles de mon camarade européen David SOLDINI, que j'ai trouvé particulièrement délicieux, comme il sait faire souvent, sur deux sites qui figurent parmi les liens de ce blog :

http://federationeuropeenne.blogspot.com/2007/07/platon-contre-aristote.html

http://www.taurillon.org/Spinelli-et-Mitterrand-deux-geants

Vous verrez que je défendrai toujours, plutôt que l'opposition entre Idéal et Réalité, la synthèse des deux. Comme j'ai coutume de dire : "Chaque chose a sa place : la tête en l'air, les pieds sur terre et le coeur à l'ouvrage !"

Je vous adresse ensuite ici quelques extraits de commentaires sur la Turquie et l'Union Européenne que j'ai rédigés sur un forum réservé (vous en donner le lien serait donc inutile). Par souci de ne pas outrepasser mes droits d'utilisateur des blogs et forums, je n'ai pas indiqué les commentaires de mon correspondant principal, mais les extraits que j'ai choisi de mes commentaires (quasiment intégraux) vous donneront tout de même quelques pistes de réflexions sur le sujet, je crois ...

EXTRAIT N°1

"Il faut arrêter de ne vouloir considérer que les priorités ! Il y a, certes, des priorités et parmi elles ne figurent pas les prochains élargissements, mais bel et bien la poursuite du processus institutionnel avec le Traité modificatif ou encore, de façon tout aussi pragmatique, les politiques européennes. Cela n'interdit pas de se pencher sur d'autres questions, car un sujet s'inscrivant dans une priorité moindre n'en est pas pour autant moins important, moins vital, pour notre destin. S'il est parfois urgent d'attendre, il importe d'attendre activement.


Quant à définir l'identité européenne, bien malin qui se montrera capable de la définir en une phrase (même à la sauce Raynaud de Fitte, avec quarante-douze virgules et trois cent gigamots entre chacune). Essayez de faire cet exercice en définissant l'identité française, ou même, à un moindre niveau, celle de la Normandie, de la Corse, de la Franche-Comté, de l'Aquitaine, de la Bretagne, de l'Ile-de-France ou de la Guadeloupe. Essayez avec Chypre, tiens ! Ou même avec la Grèce ... Tant que vous y serez, essayez donc de définir en une phrase l'identité de votre propre ville ou village. A la rigueur, vous y parviendrez à l'échelle de votre rue, votre avenue, votre place ... à moins que vous ne vous limitiez in fine, pour éviter de tomber dans une impasse (je sais, elle est facile, ... sob !), à votre jardin, votre terrasse, voire le pot de géraniums (pour les éternels fans) qui ornemente une de vos fenêtres ... et vous conviendrez sans doute que c'est grand, tout à coup, l'Europe ! Que c'est riche, l'Europe, d'une culture, d'une diversité, d'un mode de vie et d'un mode de pensée empreints de ... ce que l'on trouve un peu partout (je me limiterai quant à moi à la Terre, écartant son satellite naturel, culturellement beaucoup plus pauvre, pour ce que l'on peut en connaître).


Ce que je veux dire, c'est qu'il ne s'agit pas d'être dans la Lune (facile aussi, celle-là !) et de penser avec ses pieds ! Chaque chose a sa place : la tête en l'air, les pieds sur terre et le coeur à l'ouvrage ! Je suis heureux de voir citée par d'autres cette pensée de Lacordaire qui, très précisément, est « Je ne cherche pas à convaincre d'erreur mon adversaire, mais à m'unir à lui dans une vérité plus haute ». Depuis quelques années que je la sors un peu tout le temps, si elle fait des émules, c'est très bien, et si elle a été découverte autrement qu'en m'entendant la dire, c'est encore mieux, ça prouve qu'il y a des gens qui cherchent ! Joyfull, joyfull ... de redécouvrir une espèce rare !)


Alors, en bon Terrien, et en citoyen du monde de culture européenne (au fait, c'est quoi, la culture européenne !?) et d'origine française (tellement et si peu, d'ailleurs !), je ne peux m'empêcher de penser que les querelles de clocher ou de minaret sur l'identité et la culture européennes sont bien souvent un peu loin tout à la fois de certaines réalités et de certains idéaux. Cela étant, je respecte naturellement des réalités et des idéaux qui ne sont pas les miens. Je vis dans une réalité qui voit l'Europe se redresser face aux coups portés par ses détracteurs (car, oui, il y a des gens qui n'aiment pas l'Europe, et ça n'est pas si fou qu'il y paraît) et pour un idéal qui veut que la pensée de Lacordaire se généralise. Pour tout cela, il est bon de secouer le cocotier, ou comme disait Thucydide, que les vents empêchent les lacs de pourrir ... que le débat se poursuive donc ! Mais, de grâce, tâchons de ne pas nous fourvoyer en considérant que seules les priorités doivent être abordées, car cela me semble avorteur d'avenir (c'est pas mal, cette expression, tiens ! Je la replacerai ...). Sans vision à long terme, bâtir aujourd'hui est voué à une désespérante inutilité. Alors, le débat sur l'élargissement, sur la Turquie notamment (autant citer précisement ce dont on parle), est utile, nécessaire et même indispensable, aujourd'hui comme hier et il sera de plus en plus, naturellement.


Je laisse à votre réflexion ce proverbe (turc) : « A vouloir un ami sans défaut, on se retrouve sans plus d'amis ».

(...)

En ce qui me concerne, je ne suis absolument pas opposé à l'idée que l'espace communautaire européen ait des 'frontières' communes avec l'Iran. Cela nous permettrait, avec une plus grande légitimité, de nous inquiéter de la finalité et des objectifs réels de son programme nucléaire, de par notre caractère limitrophe, évitant ainsi la sempiternelle ingérence des pays occidentaux dans la gouvernance des Etats qui, légitimement, cherchent à défendre leur liberté de développement et leur indépendance totale d'une influence extérieure dont ils estiment subir les effets plutôt que d'en profiter.

A l'heure où la gouvernance mondiale se bâtit sur la base des blocs continentaux, et où la globalisation absorde comme une déferlante tout ce qui se trouve sur son passage (sans porter ici jugement de valeur sur la question), il est illusoire de parler encore de frontières avec le sens que leur conféraient les siècles passés. Aujourd'hui, les frontières ne sont plus guère physiques, elles sont morales ... voire mentales. Les mentalités ont des limites bien plus restrictives que celles de notre (pourtant si petite) chère planète Bleue. Finalement, comme je l'ai écrit ailleurs, chacun fait de la portée de son regard la limite du monde. Et il terrible de constater cet odieux paradoxe : l'étroitesse d'esprit elle-même n'a pas de frontières et procède aussi d'une forme d'universalité !

Ces commentaires sont un petit aperçu d'une identité : la mienne (la seule que je sois à peu près capable de définir avec quelque précision).


Pour info, lorsque je parle de la Turquie, c'est en connaissance de cause, puisque je m'y suis rendu plusieurs fois, à l'ouest comme au sud et à l'est. J'ai aussi découvert l'Islande, qui est selon moi en Europe. Pourtant, le modus vivendi des Français est bien plus proche de celui des Turcs que de celui des Islandais ... à méditer. Et contre l'argument géographique qui rejete la Turquie, je réponds simplement qu'Ankara se situe sur le même méridien que Nicosie, et que Chypre est à 60 km des côtes de la Syrie et à 320 km des côtes grecques ... alors, on doit virer Chypre de l'UE ?

 

EXTRAIT N°2

Quelques liens intéressants :
l'excellent article (c'est mon avis, mais je le sais partagé) de Stéphane Wakeford sur le Taurillon : http://taurillon.org/La-Turquie-dans-l-Union-europeenne

et sur Zenit.org, l'évocation d'un entretien entre S. S. Benoît XVI (n'y voyez pas de mauvais jeu de mots relatif au passé de Sa Sainteté ...) et le philosophe allemand Jürgen HABERMAS : http://zenit.org/article-16117?l=french

 

EXTRAIT N°3

Cher [nom de l'internaute concerné],

Je suis en profond désaccord avec presque tout ce que tu dis, du moins avec la plupart des analyses que tu fais.

Ce ne doit certainement pas être une question de population ! [NDLA : la réponse se fait à un argument démographique rejetant l'idée de l'entrée de la Turquie dans l'UE] Ca revient à dire qu'on se contente d'une majorité démographique dans laquelle on dissout tous les peuples, sans se soucier de leurs problèmes spécifiques et de leurs situations précises. C'est contraire à la pensée fédéraliste, qui prône le respect de la diversité et du particularisme de chacun.

Dire que c'est moins important de se préoccuper de quelques milliers de Chypriotes que de 70 millions de Turcs, je ne peux pas l'accepter. On ne doit pas chercher à contenter une majorité, c'est-à-dire le plus grand nombre, 50 % + 1, mais le plus grand nombre possible, c'est-à-dire coller au plus près de l'unanimité qu'on n'atteint jamais puisque des compromis sont toujours nécessaires de par la diversité globale des opinions.

Tu parles de la Turquie comme premier pays de l'UE au moment de son adhésion !? En faisant suite à un argument démographique !? L'Allemagne pèse 10 millions d'habitants de plus que la Turquie, pour info.

Je ne suis pas convaincu que ceux qui rejetent l'argumentation géographique (dont je suis) considèrent que l'Europe est un concept bidon. D'abord parce que l'Europe n'est pas un concept. Ce qui est conceptuel, c'est l'Union Européenne, et ce qui me paraît bidon, c'est l'argumentation géographique.

Je me souviens avoir réagi aux propos de Valéry GISCARD d'ESTAING pendant une conférence lors de la campagne référendaire. Il exprimait, en grand historien qu'il n'est pas, une sorte de vérité inscrite dans un marbre poussiéreux mais néanmoins glissant que quand bien même la Turquie répondrait aux critères de Copenhague et à toutes les exigences générales, elle ne pourrait intégrer l'Union qu'après un long travail de reconnaissance de sa responsabilité dans le génocide arménien ! J'ai trouvé cela tout aussi scandaleux que les torts fait aux Arméniens ! J'ai pris la parole pour lui répondre que j'étais scandalisé qu'un ancien Président de la République Française puisse tenir pareils propos ! Quoi, avait-il, au nom de la République, fait le mea culpa de la France dans le régime de Vichy ou dans la guerre d'Algérie, pa exemple !? Alors, le modèle universaliste "droits-de-l'hommien", expression fondamentale de ce qui est perçu comme l'arrogante ingérence française, passez-vous en sous forme de crème contre les hémorroïdes, parce que, franchement, ce genre d'argument, ça me fait mal au ... (aïeuh !).

Par ailleurs, je te rappelle juste une chose : le Conseil de l'Europe est institué par le Traité de Londres du 5 mai 1949 (d'où l'utilité, à mon avis, de faire des actions dans les GL, concentrées entre le 5 et le 9, en précisant cette info), tandis que l'Union Européenne (rien à voir) est née du Traité de Maastricht signé le 7 février 1992 (qui sera modifié par le traité modificatif adopté lors du Conseil européen de Bruxelles le 23 juin dernier), faisant suite au Traité de Rome signé le 25 mars 1957.
Le Mexique ou le Canada, de même que le Saint-Siège, siègent aussi au Conseil de l'Europe, comme observateurs, justement. Ce statut d'observateur, dont tu parles en citant le Japon, porte bien son nom. Lorsque j'ai créé le groupe local de Rouen, en mars 2003, j'avais assisté au conseil d'administration de [NDLA : nom de l'association qui gère le forum sur lequel a été publié ce commentaire] deux mois avant, et j'y étais "observateur", c'est-à-dire non membre. C'est à l'issue que j'ai adhéré.

Par ailleurs je veux une Europe ouverte sur le monde, moi !
Je préside le Cercle Normand de Stratégie, que j'ai créé il y a quelques années. Notre dernier séminaire général (équivalent d'une AG) s'est fait ... à Budapest ! Récement, le Président de la République a décentralisé un Conseil des Ministres à Strasbourg. De nombreux congrès scientifiques européens se tiennent à Toronto, en Russie, au Brésil ou dans le Massachussets !
Alors qu'Israël joue la Coupe de l'UEFA, par exemple, je trouve que c'est une open attitude qui me convient parfaitement ! Je te renvoie à la conférence sur l'EuroMed que nous avons eu [récemment].

Et l'histoire du club chrétien, peanut ! Je te renvoie à mon argument d'ouverture de ce commentaire : peu importe la population. Curieusement, la Bosnie semble poser moins de problèmes que la Turquie ... on en revient aux mêmes arguments.
Par ailleurs, en tant que chrétien pratiquant et protestant (au propre comme au figuré), et fervent laïc, je suis contre toute idée que l'Europe doit être un club Chrétien, mais je suis tout autant opposé à ce que l'on cherche absolument à démontrer qu'elle ne l'est pas en intégrant un pays musulman à cette seule fin !
Qu'i s'agisse de démographie, de religion, de culture, d'identité, de politique, d'économie, de la façon de préparer le thé ou de coiffer les caniches, chaque pays membre de l'Union compte comme tel : un pays, c'est-à-dire une personne morale. Qu'il y ait des cercles d'avancée, en effet, me semble utile. Tout train a sa locomotive et ses lanternes rouges. Mais qu'il y ait des demi-membres, non ! Et intégrer un pays parce qu'il est musulman et qu'on a besoin de lui pour démontrer le souci de diversité religieuse, ça c'est bidon !
D'ailleurs, dans tous les pays, qu'il y ait ou non des religions d'Etat, il y a des représentations religieuses distinctes, des églises, des temples, des synagogues, des mosquées et d'autres lieux de culte et de prière encore.
J'arrête là la partie "religion", parce qu'elle ne doit, à mon avis, absolument pas peser dans la chose publique, ni sur le plan local, national ou européen. Elle est tellement plus vaste ... !

Que la Turquie fasse jouer ses intérêts, mais bien sûr ! Et nous, on fait quoi !? On est de généreux philantropes (universalistes droits-de-l'hommiens auxquels je reviens), peut-être !? On ne fait pas jouer nos intérêts, nous !? Et il est où, notre intérêt, sinon dans l'intérêt européen !? Elle est où, l'étoile qui oriente et dirige notre sillon !? Mais qu'elle fasse jouer les intérêts américains, je suis très loin d'en être certain ... il ne faudra pas croire que les intérêts des Turcs sont si confondus avec ceux des Américains. L'invasion américaine en Irak en a été une belle démonstration, les Turcs ayant interdit aux troupes américaines la traversée et le survol de leur territoire. Et, personnellement, je ne suis pas réputé pour être naïf (pour le paraître, en revanche, beaucoup plus, je l'admets).
En quoi les intérêts turcs peuvent-ils être si éloignés des intérêts européens, si la Turquie demande justement à intégrer l'UE ?

Dans mon identité européenne personnelle, il y a cette conviction profonde : moi, j'ai envie de vivre avec les Turcs, ce que je fais d'ailleurs déjà, et pas seulement pour en fréquenter les diplomates ou à cause du nombre de kebabs turcs présents à Rouen (un peu plus qu'ailleurs, en proportion, paraît-il). Je me sens bien plus proche des Turcs que des Islandais, dans mon mode de vie au quotidien. Et pourtant, je considère l'Islande comme européenne.
Mais je te rejoins sur la difficulté de définir l'identité, plus précisement par rapport à un territoire : en tant qu'ancien conseiller de quartier à Rouen, j'ai pu constater la même problématique quant à savoir si telle rue mitoyenne de deux quartiers appartient plus à l'esprit et à la culture du premier ou du second quartier ...
Ce qui est sûr, c'est que les frontières ne sont plus tant si géographiques aujourd'hui, mais bel et bien morales. Voire mentales ...

Et qui dit qu'il n'y a ni contours ni forme au projet européen !? Des Jeunes Européens, fédéralistes et tout et tout ... !? Ca, j'ai du mal à le croire !!!
Et ne sommes-nous pas des utopistes, nous qui voulons poursuivre les efforts de nos aïeux pour bâtir un Etat fédéral européen !? Sans utopie, il n'est pas de sens politique possible.

Ce que tu proposes, c'est une alternative !? Ah ...
Moi, je vais t'en proposer une : soit on attend que la Turquie soit prête (ce qu'elle n'est pas encore aujourd'hui) à intégrer l'UE (comme membre à part entière, il s'entend !), soit on attend d'être prêts nous-mêmes à son entrée. Voire, on se prépare à son entrée et on l'aide aussi à s'y préparer. Ca, c'est alternatif !
Et franchement, entre nous : qui de la Turquie ou de l'UE actuelle évolue le plus vite, depuis ces vingt dernières années ? Qui est davantage prêt, plus que l'autre, à cette potentielle adhésion de la Turquie ? Il n'y a pa besoin de courrir longtemps après la réponse : elle est sous nos yeux, chaque jour.
Et je pense que nous sommes nombreux à avoir un rôle à jouer pour transformer les mentalités. Ouvrir les yeux, c'est bien. Prendre conscience qu'on a des oeillères et vouloir les ôter, ça c'est ce que j'aime !

Et pour la Norvège, elle se décidera peut-être quand on aura mieux à lui proposer que ce qu'elle a aujourd'hui par elle-même, et ça, on n'a jamais pu le faire !

Quant au très hypothétique jour où tous les peuples de la Terre seront suffisement unis, c'est qu'ils auront du quitter cette pourtant chic planète et ça, ce n'est pas de la fiction mais bien de la science. Je me prends parfois à espérer qu'elle se vengera de ce que nous lui faisons subir et qu'elle survivra à cette espèce humaine parasite et irresponsable ... j'arrête sinon je vais passer pour un intégriste écolo-druidesque New Age ...

Pour conclure ce petit message : commençons par bien faire tout court, et conservons en tête que la Turquie est de bonne foi !

EXTRAIT N°4

"Quand le rêve et la raison se rencontrent pour l'Europe, je suis au rendez-vous. Ainsi, ce n'est pas seulement par raison que je suis fédéraliste, mais bien aussi par idéal car c'est la forme qui répond le mieux, au fond, aux convictions politiques et philosophiques profondes dans lesquelles je m'inscris." - S.-E. RAYNAUD de FITTE, extrait de "Au bonheur des Autres - Traité de la vertu individualiste, du syndrome d'Antigone et de la platitude du monde".

C'était une réponse brève à ton dernier point. La raison et le coeur ne sont pas incompatibles, loin de là ! C'est dès lors que l'on sait harmoniser leur complémentarité que l'on crée les choses les plus grandes : c'est-à-dire à la fois les plus utiles et les plus belles.

Qu'est-ce que l'utopie, après tout !? Je ne renverrai pas forcément vers Thomas More, je pourrai renvoyer vers Machiavel (Discours sur la première décade de Tite-Live, Histoires Florentines ou Le Prince, notamment). Ou sur Montesquieu, Voltaire. Ou Mozart ...

Néfaste, l'utopie !? Sans elle, nous n'existerions même pas ... le sens des réalités, mais qu'est-ce donc ? De quelles réalités parlons-nous ? Il y plusieurs sciences mathématiques. Dans l'une d'elles, deux et deux font quatre. Dans une autre science mathématique, deux et deux font ... cinq !

Bien, l'optimisme ! Tu sais ce qu'est un optimiste ? C'est un type qui plante deux glands et qui file chercher un hamac. Ici, on parle bien sûr du format familial ... ;-)

Quelle construction s'est faite sans peine, sans douleur, sans heurt et sans souffrance ? Je n'en connais aucune. Du moins, aucune qui ne dure. Mais l'Europe n'est pas un mandalay !
Ce que je sais, c'est qu'il n'y a pas de problèmes humains qui n'ait de solution humaine, et que le véritable progrès réside dans la simplicité. Si nous avançons dans ce cheminement, nous bâtirons solidement.
Qui a dit que l'Union devait toujours s'élargir, comme un permanent maëlstrom !?
A-t-elle des contours, l'Union Européenne, aujourd'hui !? A-t-elle une forme ? Foutaises que de dire que c'est le cas !
Qu'entendons-nous par les contours, par la forme ?
J'ai l'impression d'entendre le Petit Prince demander à la Vénus de Milo de lui dessiner un mouton !
(Si j'étais la Vénus, je hausserais simplement les épaules en lui soufflant : "pfff ... p'tit con !") - Ne nous méprenons pas, le p'tit con, c'est le p'tit prince, je ne suis pas en train d'insulter qui que ce soit, et il s'agit d'une image.

Je te le répète - ne le prends pas mal, mais c'est un fait inaliénable - tu te trompes sur l'argument démographique : la Turquie ne serait pas le premier pays en termes démographiques. La Turquie, c'est 70,42 millions d'habitants. Soit le deuxième pays après l'Allemagne (82,60 millions d’habitants). Parmi les 7,29 millions de ressortissants étrangers au sein de la population allemande, il faut compter environ 4,5 millions de Turcs, je te l'accorde.
Mais je vais te présenter les choses de la façon suivante : si les Turcs pèsent 70,42 millions d'habitants, c'est bien peu face au demi-milliard d'habitants que compte l'actuelle Union Européenne ! Alors, l'argument démographique, macache !

(...)


Je considère, quant à moi, que l'adhésion de la Turquie serait un jeu gagnant-gagnant, pour les Turcs comme pour les autres citoyens européens. Sur le plan international, extracommunautaire, et notamment dans les relations avec Israël, ou avec les Etats-Unis, cela ne peut être que bénéfique. Et ce n'est pas être pro-israëlien ou atlantiste que de dire cela.

(...)

A mon tour, je vais résumer (une partie de) ma position sur le plan géographique :
1° le concept même de frontière est en contradiction avec l'idée que je me fais d'ouverture sur le monde, et le discernement minimum que l'on peut attendre de notre part quant aux questions de gouvernance mondiale dans le contexte de notre société contemporaine me paraît à mille lieues du concept de frontière au sens strictement géographique du terme.
2° Les géographes du monde entier, eux-mêmes, ne sont pas unanimes sur la localisation "continentale" de la Turquie, ce qui est d'autant plus difficle à déterminer qu'ils sont, en revanche, quasi unanimes pour dire qu'il n'y pas de continent européen à proprement parler, l'Europe étant une excroissance de l'Asie, d'où la dénomination  "Eurasie".
3° Sur le plan tectonique (auquel je me suis également intéressé), la Turquie est placée sur une plaque qui se confond quasiment avec les contours du pays.
4° La Turquie est un carrefour entre l'Europe et l'Asie mineure, et son influence sur le reste de l'Europe est telle (et tellement insoupçonnée dans ce pays d'un niveau d'inculture Historique navrant qu'est la France) qu'on ne peut pas dire aussi simplement que cela : la Turquie n'est pas européenne.

(...)

Pourquoi vouloir avancer sur une jambe ? Elargissement, tant que cela doit être fait, et approfondissement, tant que cela aussi doit être fait, sont les deux jambes de l'avancée européenne. Je ne veux pas d'une Europe qui sautille, qui clopine ou qui traîne négligement une patte derrière l'autre, favorite. Ca semble si incroyable à tant de gens de faire plusieurs choses à la fois !!

Pour être parfaitement clair, et quoique je trouve débile la décision qu'avait prise en son temps Jacques CHIRAC sur le référendum français pour toute nouvelle entrée ("Cocoricco ! Faites place à l'arrogance française, qui revient chaque année comme le beaujolais nouveau !" - et avec le même petit arrière-goût de basse-cour ...), mais je considère que la meilleure façon de trancher, pour la Turquie comme pour d'autres, même s'il s'agissait par exemple du très vulnérable ... damned, sorry ! vénérable - voulais-je bien sûr dire - Royaume-Uni, serait de procéder à un vaste référendum paneuropéen, demandant, le même jour à chaque citoyen quels sont les pays qui, selon lui et parmi une large liste proposée, doivent faire partie de l'Union. Et que le résultat soit appliqué ! Cela procède un gros peu, je vous l'accorde, de la République tumultueuse décrite pas Machiavel, mais c'est bien pour cela que cela me plaît. Et qu'on ne vienne pas alors me parler d'immobilisme ! Umori, Tumulti et Ordini ...

Pour conclure, je partage la moitié de ton analyse finale seulement : je crois que les deux phénomènes que tu décris sont inéluctables : l'Europe sera, et elle sera  fédérale, d'une part, et la Turquie y adhèrera, d'autre part. Moi, j'en vois des signes que tu ignores peut-être, et c'est simplement une différence d'analyse, voire d'approche, qui nous distingue.

J'en reviens à ce que par quoi tu terminais ton dernier commentaire et par lequel je commençais celui-ci : la raison et le coeur, la passion, l'émotion, bref ce qui nous fait vibrer sans comprendre très exactement pourquoi, sont deux facettes d'une même pièce, comme l'élargissement qu'il reste à faire et l'approfondissement qu'il reste (bien davantage) à faire sont les deux jambes de notre marche.

Et si on avait eu, à l'inverse de la situation actuelle, un approfondissement bien plus avancé que l'élargissement, on trouverait encore le moyen de se plaindre et de trouver qu'on aurait tout fait de travers ... la nature des hommes est ainsi faite qu'ils sont toujours insatisfaits ! C'est sans doute pour cela qu'Europe est une femme ...


 

Immigration : comparatif de l'usage des tests ADN en Europe

Par S.-E. RAYNAUD de FITTE (RadVox) :: jeudi 25 octobre 2007 à 09:37 :: Europe

Selon l'agence Reuters, près de la moitié des Français estime que les tests ADN prévus dans le cadre du regroupement familial par le projet de loi sur l'immigration sont «une bonne chose». Un sondage CSA publié mardi dans «Le Parisien» relaie cette info.

Cela signifie donc que j'appartiens à l'autre moitié des Français, celle qui réprouve.

Par ailleurs, je vous fais part d'un communiqué de la même agence :

15h55 | 04/10/2007 - © Reuters

La France ne violerait aucune règle européenne en procédant à des tests ADN pour contrôler le regroupement familial, pratique déjà utilisée dans d'autres pays de l'UE, déclare la Commission européenne.

Le Sénat français devrait adopter dans la nuit de jeudi à vendredi le projet de loi sur la "maîtrise de l'immigration" qui contient un amendement prévoyant à titre expérimental le recours à ce type de tests malgré une levée de boucliers.

La directive européenne sur le regroupement familial prévoit que les Etats membres peuvent procéder à des entretiens avec le candidat au regroupement familial ainsi qu'à des "enquêtes".

"Cela laisse beaucoup de liberté aux Etats membres", a expliqué Friso Roscam Abbing, le porte-parole du commissaire européen à la Justice, à la Liberté et à la Sécurité, Franco Frattini. "Cela laisse aux Etats membres le soin de définir la manière selon laquelle ils établissent le lien familial."

Six autres Etats membres - Autriche, Belgique, Finlande, Lituanie, Pays-Bas et Suède - ont déjà recours aux tests ADN.

Selon le porte-parole, il revient aux juridictions nationales de statuer sur les contestations éventuelles.

Le projet de loi français prévoit que la décision d'effectuer un test sera soumis à une autorisation judiciaire, le test génétique, qui sera réalisé aux frais de l'Etat, étant limité à la recherche d'une preuve de filiation avec la mère.

Pour info, sachez que le recours aux tests ADN dans le cadre du regroupement familial est utilisé dans 11 pays d'Europe et qu'ils sont généralement utilisés de manière exceptionnelle et le plus souvent sur la base du volontariat :

France
Le projet de loi relatif à l'utilisation des tests ADN dans le cadre des procédures de regroupement familial a été adopté le 23 octobre au parlement et doit maintenant être soumis au Conseil constitutionnel.

Allemagne
Pour obtenir un droit de séjour, les étrangers sont tenus de justifier de leur âge et de leur identité. S’ils s’y refusent, ou en cas de doutes très sérieux sur les documents fournis, les autorités peuvent recourir à "tous les moyens mis à la disposition de la justice" pour prouver ces informations. Les tests génétiques en font partie, mais ils ne sont utilisés qu’en dernier recours pour les pays qui n'ont pas d'état civil.

Autriche
Les tests ADN dans le cadre du regroupement familial, pratiqués depuis 2006, sont effectués si le candidat ne peut pas fournir les documents nécessaires pour prouver la filiation. Si le candidat s'y refuse, le regroupement est automatiquement rejeté. Ces tests sont à la charge du demandeur.


Belgique
Les tests ADN pour les candidats au regroupement familial sont pratiqués depuis 2003 en cas d'absence de documents officiels prouvant la filiation. Ils sont à la charge du demandeur (400 euros).


Danemark
Les tests ADN pour les candidats au regroupement familial existent depuis 2000. Si l’Etat le demande, le candidat et sa famille sont obligés de se soumettre au test pour obtenir une mesure de regroupement familial. En cas de refus, le regroupement est automatiquement rejeté.


Espagne
Le recours à des tests ADN pour prouver des liens parentaux dans le cadre du regroupement familial existe depuis 2006. Ces tests sont volontaires et aux frais des demandeurs (300 euros).


Finlande
Les tests ADN pour les candidats au regroupement familial existent depuis 2000. Ces tests sont volontaires.


Grande-Bretagne
Les tests ADN pour les candidats au regroupement familial existent depuis 1991 (vérification de l’empreinte génétique) et sont pris en charge par l'Etat. 7000 tests sont réalisés chaque année.


Italie
L’utilisation de test ADN pour prouver une filiation a été mise en place dès 2001. Ces tests sont volontaires et pris en charge par l'Etat et réalisés sous l'égide de l'Organisation internationale pour les migrations.


Pays-Bas
Les tests ADN pour les candidats au regroupement familial sont pratiqués en cas de doute sur la filiation. Ils sont gratuits.


Suède
Les tests ADN pour les candidats au regroupement familial existent depuis 2006. Ces tests sont volontaires.

source : touteleurope.fr

autre lien intéressant : http://www.test-adn.com/tests-adn.html

L'idée d'une politique commune d'immigration concertée en Europe

Par S.-E. RAYNAUD de FITTE (RadVox) :: jeudi 30 août 2007 à 08:54 :: Europe

Voilà un sujet cher à mon coeur, ce que l'on comprendra à le lecture de mon précédent billet, publié dans la catégorie Mondialisation : Moi, zen la mondialisation !

 

Aborder la délicate question de l'immigration exige de prendre en considération le particularisme et la diversité des populations concernées, soit leur dimension sociale et humaine, civique et culturelle. Cela suppose de lever toute ambiguïté qu'un peuple de l'Union peut avoir avec son rapport à l'immigration, comme en France en particulier.

Nous pouvons constater que les Etats membres de l'Union Européenne décident de leurs politiques d'immigration respectives, sans exclure totalement toute concertation avec d'autres gouvernements de l'Union, mais de façon isolée et sans supervision des institutions exécutives et parlementaires de l'Union. On se souviendra de l'exemple de l'Espagne qui régularisait il y a quelques temps près de trois-cent mille immigrés, sans que les Etats avec lesquels l'Espagne partage l'espace de Shengen aient leur mot à dire ou la possibilité de discuter ou de contrer cette décision, s'ils l'avaient souhaité.

D'un certain point de vue, on se doit de considérer l'immigration comme une richesse et une source d'épanouissement culturel, social mais aussi économique. Il s'agit de faire reconnaître la richesse et la positivité du 'melting-pot' européen. On ne peut pour cela dissocier la question de l'immigration avec les questions d'ordre culturel, il est donc nécessaire et utile de concilier les deux dans une politique commune.

 

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Il faut distinguer deux types d'immigration : l'immigration dite 'concertée' (autrement dit « choisie ») se révèle dans le domaine économique : c'est l'immigration du travail. Les procédures d'asile politique ou de regroupement familial procèdent quant à elles de l'immigration familiale. Nous interviendrons dans chacun de ces champs.

La reconnaissance des cultures paneuropéennes doit permettre de mettre un frein aux nationalismes, quand bien même il serait utopique de croire pouvoir jamais les éradiquer. Quant aux cultures issues des espaces hors la communauté européenne, et dont les forces de l'immigration sont aussi une représentation dans l'espace communautaire (exemple : 3,5 à 4 millions de Turcs en Allemagne), la reconnaissance de leurs cultures respectives limitera l'influence des diasporas, souvent en décalage par rapport aux orientations nationales de leurs pays d'origine (exemple : l'Arménie)1.
Il s'agit donc de limiter le communautarisme ethnique, non pour le brider par une assimilation conquérante mais pour favoriser une intégration réussie dans le respect du particularisme, permettant ainsi de définir une politique d'immigration visant à l'épanouissement de tous et de chacun. Cette stratégie procède d'une pensée fédéraliste en manifestant l'unité dans la diversité.

Il faut aussi considérer la connivence, dans les positions des forces politiques françaises, entre la Gauche et la Droite. La Droite, hormis quelques positions contradictoires et marginales, a longtemps considéré que l'immigration était négative en soi et que le pays (la France) n'en avait nul besoin, quoique cette tendance commence à évoluer dans la pensée de la Droite républicaine modérée depuis peu. La Gauche a, globalement, toujours estimé l'importance de la place des pays d'origine des flux migratoires, se souciant davantage de leur développement, exprimant qu'il ne fallait pas déposséder un pays des compétences professionnelles et économiques de ses ressortissants. Il s'agit donc de veiller à ce que toute politique d'immigration soit respectueuse du développement des pays d'origine. Par ailleurs, l'Union Européenne intervient d'ores et déjà dans le soutien et l'aide à moult pays concernés pour leur développement économique et, par conséquent, professionnel.
D'où la nécessité, au niveau communautaire, d'asseoir une politique commune d'immigration sur la base du co-développement. Plutôt que de vendre une usine en Afrique, il s'agit de permettre à ce pays de s'assurer d'un soutien nécessaire au développement de ses propres technologies et compétences, favorisant ainsi l'émergence de nouveaux savoirs et de nouvelles connaissances et créant les perspectives d'une relation économique fondée sur la concurrence et les possibilités de partenariat en la matière, et ce dans tous les secteurs, notamment sur le plan économique (commerciaux, industriels, énergétiques, mais aussi pédagogiques et universitaires, &c.).

Il convient par conséquent de faire émerger une réelle politique commune d'immigration concertée.

 

Pour cela, je crois qu'il faut poursuivre la mise en place du programme de La Haye adopté par le Conseil Européen des 4 et 5 novembre 2004 et, pour aller au-delà dans cette voie, il me semble utile, pertinent, judicieux, voire indispensable de faire valoir les retombées positives de l'immigration comme instrument d'intégration permettant de lutter contre l'exclusion, l'ostracisme et l'aliénation sociale des populations immigrées, en incitant notamment les Etats à concevoir des initiatives d'intégration valorisant la diversité culturelle et sociale ; qu'il soit donné une force juridique coercitive et contraignante à la Charte des Droits fondamentaux, de façon coordonnée à l'adhésion de l'Union Européenne au Conseil de l'Europe et à la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales ; la création d'un Office de l'Immigration et des Echanges culturels, placé sous l'autorité de la Commission Européenne, qui aura pour mission de faire appliquer, par les services compétents au niveau de chaque Etat, la politique d'immigration concertée (ou immigration du travail, ou économique) ainsi que la politique des échanges culturels et universitaires ; que la politique d'immigration familiale, notamment les procédures d'asile politique et de regroupement familial, soit orientée par cet Office, laissant un champ de décision aux Etats, et qu'il veille à la régularité, sous l'autorité de la Cour Européenne des Droits de l'Homme et du Conseil de l'Europe, des procédures de l'immigration familiale menées par les Etats ; que le Parlement Européen adopte le cadre législatif de la politique d'immigration familiale ; la gestion harmonisée de la rétention administrative des immigrés clandestins sur l'ensemble du territoire communautaire sous contrôle de la Cour Européenne des Droits de l'Homme et du Conseil de l'Europe ; une accentuation de la coopération policière et douanière avec le renforcement d'Europol et le placement des services douaniers des pays signataires de l'accord de Shengen sous l'autorité d'Europol, permettant ainsi de consolider le dispositif de prévention du terrorisme ; de définir une nouvelle approche équilibrée de la gestion de la migration et de l'immigration clandestine en luttant, d'une part, contre la migration illégale et la traite des individus, en particulier des femmes et des enfants, et en acroissant, d'autre part, la coopération avec chacun des pays d'origine des flux migratoires, assurant ainsi l'ouverture d'une politique communautaire de codéveloppement ; que les échanges universitaires tels que les programmes Erasmus ou Socrates permettent aux étudiants d'accéder au marché de l'emploi, durant leur présence sur le territoire communautaire, dans les mêmes conditions que les citoyens du pays dans lequel ils suivent leur cursus universitaire, quand ils disposent de la citoyenneté européenne ; que tout ressortissant de tout pays puisse, dans des conditions précisemment définies par le Conseil Européen, notamment quant à l'ancienneté de présence sur le territoire, participer aux élections locales du pays dans lequel il réside, y compris les élections universitaires ou de nature prudhommale.

Je suggère à votre réflexion quelques pistes de documentation :

 

- Rapport de l'Institut Montaigne 'Les oubliés de l'égalité des chances', Y. Sabeg & L. Méhaignerie, janvier 2004 disponible sur www.institutmontaigne.org

- Site du Ministère français de l'Immigration, de l'Identité Nationale et du Codéveloppement : www.premier-ministre.gouv.fr/iminidco

- Raffi A. Hermonn, Mieux vaut une Turquie en Europe (extrait de Hye Tert), in Courrier international n°713, 1er juillet 2004